Le recyclage de CD


1.Contexte

Ce projet s’inscrit dans le cadre formulé par le programme science-technique-société (STS), pour lequel, j’ai demandé le Dr. D. Rossel, chargé du cours STS « Management environnemental », comme superviseur. Le choix du sujet, intitulé « Recyclage des CD ? » a été fait en collaboration avec l’association USINE21. Au travers de cette étude, l’objet technologique qu’est le compact disque va être traité dans le sens de la potentialité d’un rapport au développement durable (DD).

2.Objectifs

Les objectifs fixés, dans le cadre de ce travail, ont été définis en accord avec Dr. D. Rossel et sont succinctement explicités dans ce qui suit :

  • Bilan de la situation actuelle en termes juridiques, économiques et techniques au niveau national
  • Evaluation du potentiel de mise en œuvre, à l’EPFL, d’un système de récupération des CD en vue de leur recyclage
  • Evaluation de la faisabilité de la mise en œuvre
  • Définition des modalités de mise en œuvre

Le but visé à terme étant la mise en place d’un réseau de points de collecte pour les CD au travers de l’EPFL, ces objectifs ont donc pour but essentiel d’informer et de convaincre, selon les résultats de l’analyse, les services concernés du bien fondé et de l’utilité d’une telle mesure de développement durable au sein des murs d’une institution.

3.Bilan de la situation actuelle

A l’aide des recherches effectuées, il est donc possible de relever que, d’un point de vue légal, il n’existe aucune obligation. Les CD/DVD ne font en effet pas partie de l’annexe de l’ordonnance sur la restitution, la reprise et l’élimination des appareils électriques et électroniques (OREA). L’attitude de l’Etat peut ainsi se lire à travers la réponse faite à la motion déposée au Conseil National par M.Hess en juin 2000, qui demandait de réglementer la reprise et le recyclage des CD, CD-ROMs et disquettes, comme étant d’accord de soutenir toute initiative allant dans ce sens, mais pas d’y adjoindre la force de la loi.

Ceci se fait sous le constat d’un marché pourtant encore en pleine expansion au vu des ventes des produits liés à l’utilisation des CD/DVD. D’après l’OFEFP, les déchets de ce type s’élèvent à près de 4000t par année. Ce fait commence à faire réfléchir certains consommateurs qui demandent, au travers de divers forums de discussions Internet, quelles sont les voies existantes pour faire recycler leurs disques optiques. Les réponses données trahissent d’ailleurs bien un gros manque d’information Sachant que bon nombre d’utilisateurs les stockent depuis un certain temps, de même que les éditeurs de logiciels, l’effet de tampon pourrait être important (déstockage en masse en cas de solution efficace de recyclage). Un certain nombre d’entreprise, à l’image de « polymer-reprocessors », ont pu démontrer par leur pratique, que le recyclage des CD/DVD est techniquement réalisable et économiquement viable. Ainsi, malgré le fait que l’incinération des CD/DVD ne pose pas de problèmes environnementaux majeurs, cela représente plutôt un non-sens écologique dans la mesure où il est tout à fait possible de réaliser, par le recyclage du polycarbonate et polystyrène, une économie sur la ressource non renouvelable qu’est le pétrole. De cette façon, il est aussi possible de donner vie à un outil de production basé sur la revalorisation d’un déchet ou véritable ressource diffuse, en soit une belle application des principes de développement durable.

4.Potentiel d’un système de collecte des CD au sein de l’EPFL

Au travers des systèmes de collectes étudiés, il a pu être mis en évidence un certain nombre d’initiatives fonctionnelles existantes dans divers pays comme la France (« cdmoi ») et les USA (« GreenDisk », « Ecodisk »). Pour le cas particulier de la Suisse, il existe un réseau national de points de collectes déjà bien implanté pour ce qui concerne la récupération du matériel électrique tombant sous le coup de l’OREA. Le propriétaire, l’association économique suisse spécialisée dans les technologies de l’information, de la communication et de l’organisation (SWICO) propose ainsi de récupérer les CD/DVD par le même biais, et il assure ensuite la liaison avec les entreprises spécialisées dans le recyclage. Il s’agirait donc, pour l’essentiel, de mettre en place le moyen de centraliser cette ressource diffuse.

En étudiant la structure interne de l’EPFL, il est possible de constater qu’elle semble prête à recevoir un système de récupération pour les CD/DVD. Que cela soit du point de vue technique (infrastructures, lien à la déchetterie centrale) ou de l’avis des associations/organisations RUMBA, AGEPOLY, DIT ou encore selon les résultats du sondage (931 avis d’étudiants/doctorants/secrétaires), il existe un véritable intérêt. Les principaux choix dans ce cas de figure sont ainsi essentiellement le design des points de récolte (problématique de la protection des données) et leurs lieux d’implantation (accessibilité avec un minimum d’effort de la part des utilisateurs).

Sachant que les unités de l’EPFL consomment près de 45’000 CD/DVD de type inscriptible par année (chiffres de vente 2004, économat), une mesure de récupération ne paraît de loin pas inutile. En effet, l’EPFL de par le nombre de ces membres, qui sont autant de sources pour les CD/DVD récoltables, devrait être idéalement capable, avec l’aide d’un système suffisant, de réunir une telle valeur cible comme mesure de compensation.

5.Modalités de mise en œuvre

Si l’on cherche à éviter de conforter le consommateur dans ses habitudes de surtout faire le moins d’effort possible (physiquement et financièrement) en parachevant le type d’éducation « end-of-pipe » (dans ce cas de figure, l’incinération des ordures ménagères), il est particulièrement important de se pencher sur un modèle de développement socialement équitable, économiquement viable et écologiquement supportable. Or, le fait que la mise en place d’un système de récupération des CD/DVD soit une étape préliminaire et nécessaire au processus de recyclage, en fait un acte concret dans le sens du DD. En effet, il s’agit là de permettre la revalorisation d’un déchet par l’économie de la ressource non-renouvelable qu’est le pétrole. De plus, ceci est aussi une réponse apportée à un besoin du public (démontré entre autre par les résultats du sondage) au sens de savoir que faire des CD/DVD usagés, ce qui implique une certaine motivation participative.

Ainsi, mettre en place un système de collecte au sein de l’EPFL est une manière de répondre aux objectifs de DD que l’école s’est fixée d’une façon novatrice, car peu d’institutions disposent d’un tel système !

6.Conclusion

Mais il reste une réserve de taille qui concerne l’absence d’une entreprise spécialisée dans le recyclage des CD/DVD sur le sol national. Or ce frein à la mise en place de tout système de récupération dépasse le cadre de l’EPFL. L’export de tels déchets en Europe est-elle justifiable à ce titre ? Quoi qu’il en soit, une fois la stratégie adoptée, il reste encore à considérer le manque d’informations sur le sujet. En effet, bon nombre de sondés ont relevé la pertinence et l’intérêt de cette étude dû à ce point de vue.


Auteur : Thierry Bussien
Encadrement : D. Rossel
EPFL, SSIE, Décembre 2005
Travail coordonné pour Usine 21 par S. Schneebeli, Picadus

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